Vous avez la facture de renouvellement sous les yeux.
Un abonnement de visibilité pour l'année, un peu plus cher que l'an dernier, sans que vous sachiez vraiment pourquoi.
Alors vous ouvrez votre logiciel et vous essayez de compter. Combien de mandats signés cette année sont venus de là ? Vraiment signés. Pas « en discussion ».
Vous remontez les fiches. Vous tombez sur deux dossiers où vous n'êtes plus très sûr de la provenance. Au bout de quinze minutes, vous laissez tomber.
Et vous renouvelez quand même.
C'est ça qui coûte cher. Pas le tarif. Le fait de renouveler sans savoir.
Cet article ne va pas vous dire d'arrêter SeLoger. Il va vous donner de quoi trancher vous-même.
SeLoger, c'est quoi exactement ?
C'est l'un des grands portails d'annonces immobilières français. Les acheteurs et les vendeurs y cherchent des biens, et les agences paient pour y diffuser leurs annonces et apparaître en avant.
L'échelle est réelle, et il faut le dire. SeLoger fait partie du groupe AVIV, passé en 2025 sous contrôle majoritaire des fonds KKR et CPP Investments, Axel Springer ne gardant plus qu'une part minoritaire. Le même groupe édite aussi Logic-Immo et Meilleurs Agents. Face à Leboncoin, qui concentre la plus grosse audience généraliste, et à Bien'ici, SeLoger reste un portail à forte intention immobilière, et il a lancé Ultimmo, une offre qui combine ses portails pour capter vendeurs et acheteurs.
Côté agence, ce que vous achetez n'est pas un contact. C'est un abonnement de diffusion et de visibilité : vos annonces publiées, mises en avant sur les pages de résultats, et les acheteurs ou vendeurs qui vous contactent depuis ces annonces. Gardez bien cette distinction en tête, parce qu'elle change tout dans le calcul.
Qu'est-ce que SeLoger fait bien ?
Deux choses, et il faut les dire avant tout le reste.
L'audience est réelle et en intention. Ce ne sont pas des noms ramassés au hasard. Ce sont des gens qui cherchent activement un bien sur un portail connu. Pour une agence qui veut de la visibilité tout de suite, être présent sur ce flux a une vraie valeur.
Le contact vous appartient. C'est la différence de fond avec un revendeur de contacts partagés. Quand un acheteur remplit le formulaire de votre annonce, le contact arrive chez vous, pas chez cinq agences en même temps. Vous ne rachetez pas un contact revendu à vos concurrents. C'est honnête, et ça mérite d'être dit clairement : sur ce point, le modèle portail est meilleur qu'un modèle de contacts partagés revendus.
Gardez ça en tête pour la suite. Ce qui va suivre n'est pas un procès. Ce sont les points que vous ne pouvez pas vérifier avant de signer, et qui décident pourtant de votre rentabilité.
Combien coûte SeLoger ?
Le prix n'est pas public. Nulle part.
Nous avons cherché la grille tarifaire sur leur site et dans la presse professionnelle. Aucun montant officiel publié. L'abonnement pro se négocie au cas par cas, selon votre secteur, votre volume d'annonces et les options de visibilité. Des blogs tiers, souvent édités par des services de diffusion qui lui font concurrence, avancent des fourchettes de l'ordre de 400 à 900 € HT par mois avec engagement de douze mois. Ce sont des estimations externes, à prendre comme telles, pas des tarifs confirmés par SeLoger.
Beaucoup de solutions B2B fonctionnent sur devis, et ce n'est pas un défaut en soi. Mais ça a deux effets concrets sur vous. Vous ne pouvez pas comparer avant de décrocher le téléphone. Et vous ne pouvez pas savoir si l'agence à trois rues de la vôtre paie le même tarif pour la même zone.
Il y a un deuxième point que les agences rapportent souvent : des hausses au renouvellement jugées peu transparentes, certaines évoquant un quasi-doublement sur une période récente. Ce sont des avis d'agences, pas une donnée officielle, et les notes sur les plateformes d'avis professionnelles sont d'ailleurs très basses. Sans grille publique, vous ne pouvez pas anticiper la hausse. La seule façon de rééquilibrer, c'est d'arriver avec votre propre chiffre. On y vient plus bas.
Les contacts sont-ils vraiment à vous ?
Sur le principe, oui, et c'est le bon point. Le problème est ailleurs : dans ce que vous payez pour les obtenir, et dans les doublons.
Les agences signalent régulièrement des annonces diffusées en double entre SeLoger et Logic-Immo, deux portails du même groupe. Un même bien qui apparaît deux fois, ce n'est pas deux fois plus de vendeurs : c'est parfois la même visibilité facturée dans deux cases. Posez la question de ce que vous payez exactement, portail par portail, avant de signer un pack groupé.
Et rappelez-vous le contexte 2026 : le groupe AVIV a confirmé une restructuration en France, avec des réductions d'effectifs rapportées par la presse spécialisée, sur un marché immobilier en repli. Ce n'est pas un reproche moral, c'est une raison de plus de vérifier le niveau de service et l'audience réelle de votre secteur avant de réengager douze mois.
Les trois questions à envoyer par email avant de signer, quel que soit le portail
- Que couvre exactement mon abonnement, portail par portail, et est-ce que je paie Logic-Immo en plus de SeLoger pour les mêmes annonces ?
- De combien le tarif a-t-il augmenté sur les deux derniers renouvellements, et sur quoi se base la hausse ?
- Si j'arrête, est-ce que je conserve quelque chose : les contacts reçus, l'historique, une audience à moi ?
Une réponse écrite claire vaut mieux que n'importe quel avis en ligne, y compris celui-ci. Et si la réponse reste orale, c'est déjà une réponse.
Le seul chiffre qui tranche : votre coût par mandat signé
Pas le coût de l'abonnement. Pas le nombre de contacts reçus dans le tableau de bord. Le coût par mandat que vous avez réellement signé.
Le calcul tient en trois lignes.
Ce que vous payez sur douze mois, divisé par le nombre de mandats signés venus de cette source sur les mêmes douze mois.
C'est tout. Prenez votre facture annuelle, comptez les mandats, divisez.
Un exemple avec des chiffres ronds, à remplacer par les vôtres. Vous payez 7 200 € HT sur l'année. Vous recevez 80 contacts depuis vos annonces. Vous en transformez 6 en mandats signés.
Votre coût par mandat est de 1 200 €.
À vous de dire si 1 200 € pour un mandat, c'est cher. Sur un mandat à 9 000 € d'honoraires, c'est excellent. Sur un petit bien en province, beaucoup moins.
Maintenant changez une seule variable. La même facture, les mêmes 80 contacts, mais 3 mandats signés au lieu de 6.
Votre coût par mandat passe à 2 400 €.
Même abonnement. Même portail. Deux fois plus cher.
Vous voyez où se joue la partie ? Pas dans le tarif négocié. Dans votre taux de transformation, et le premier levier de ce taux, c'est votre délai de rappel. 78 % des vendeurs choisissent le premier agent qui répond : c'est la règle de la première minute, et elle vaut exactement pareil pour un contact venu d'un portail. Si vous ne savez pas dire aujourd'hui ce qu'un mandat signé vous coûte, c'est la première chose à démonter, avant de réengager quoi que ce soit.
Faut-il arrêter SeLoger ?
Non, pas sur une impression. Et pas sur la base de cet article. Voilà la position honnête, en trois cas.
Vous connaissez votre coût par mandat signé et il est inférieur à vos honoraires moyens. Gardez, et arrêtez de renégocier tous les ans pour trois cents euros. Vous avez une source rentable, occupez-vous plutôt de votre délai de rappel, c'est là qu'il reste de la marge.
Vous ne connaissez pas votre coût par mandat. Ne renouvelez rien avant de l'avoir calculé. Trente minutes dans votre logiciel valent mieux qu'une année de plus à l'aveugle. Si vos fiches ne permettent pas de retrouver la provenance des mandats, c'est le premier chantier, avant même la question du portail.
Votre coût par mandat dépasse vos honoraires moyens, ou la hausse a rendu l'abonnement intenable. Là, ce n'est plus un débat. Mais avant de tout couper, vérifiez d'abord votre délai de rappel sur ces contacts précis. Beaucoup d'agences coupent une source qui marchait, en rappelant à J+1.
Un dernier point, valable pour n'importe quel portail. Une source unique n'est jamais une stratégie. Si le tarif double au renouvellement, vous n'avez aucun levier. Ce n'est pas un reproche à faire à la plateforme : c'est la nature de la location.
Et si le robinet était chez vous ?
C'est la vraie alternative, et ce n'est pas un autre portail.
Sur un portail, quelqu'un d'autre possède l'audience, la page et la visibilité. Vous louez l'accès. Le jour où vous partez, tout reste chez lui, y compris les propriétaires de votre secteur qui n'étaient pas encore prêts à vendre. C'est exactement le raisonnement de notre article sur ce que coûte vraiment l'achat de contacts immobiliers : louer ne construit rien, chaque mois repart de zéro.
En diffusant vous-même une offre d'estimation sur votre zone, vous gardez le pixel, la liste, l'historique et le droit de recontacter. Un ordre de grandeur, en dehors de l'immobilier, parce que nous ne publions pas de chiffres clients que nous n'avons pas. Sur un institut esthétique que nous accompagnons à Nice, 620 € de budget publicitaire ont produit 193 demandes, soit 3,21 € la demande, et 88 clients au bout du compte, le premier contact rappelé 1h27 après le lancement.
Ce n'est pas votre secteur, et le coût par demande n'y sera pas le même. Ce qui se transpose, c'est le principe. Quand vous possédez la source, le coût baisse à mesure que le système apprend. Quand vous la louez, il se renégocie chaque année.
Les deux modèles peuvent très bien coexister. Ce qui ne tient pas, c'est de payer un abonnement sans jamais mesurer combien de mandats il signe.
L'audit en 30 secondes
Trois questions honnêtes, à vous poser avant votre prochain renouvellement :
- Est-ce que je peux dire, sans ouvrir un tableur, combien de mandats signés cette source m'a apportés sur douze mois ?
- Est-ce que je rappelle ces contacts dans la minute, ou quand j'ai le temps ?
- Si je coupe demain, est-ce qu'il me reste quelque chose ?
Si les trois réponses vous gênent, ce n'est pas un problème de portail. C'est un problème de mesure, et il se règle plus vite que vous ne le pensez.
Si vous voulez qu'on regarde vos chiffres avec vous, demandez un audit gratuit. On sort vos sources actuelles, votre coût par mandat réel, et on vous dit ce qu'un système que vous possédez produirait sur votre secteur, au même budget. Même si vous décidez ensuite de garder ce que vous avez.
Un abonnement que vous louez n'est pas un pipeline. Un mandat que vous pouvez tracer, oui.